Bernard Cadoret, figure majeure de l’ethnologie maritime en France et fondateur de la revue Le Chasse-Marée :

« Je suis persuadé que les boîtes d’Anne-Emmanuelle Marpeau ont une valeur patrimoniale, dans la mesure où elle intègre énormément d’éléments qui ont été vérifiés. Elle travaille en archives, elle consulte les bulletins locaux racontant des aventures ou des fortunes de mer qui ont été vécues à la fin XIXe, début XXe.

Certaines de ses boîtes ont de longs textes qui racontent une histoire de vie, qui est synthétisée, comme figée un instant dans ses dioramas. Figé n’est pas le bon mot parce qu’elle arrive à donner du galbe à ses voiles, envoler des goélands, faire déferler la mer ou non. Tout ça est senti avec une justesse qui me touche beaucoup, et j’avoue que je partage sa sensibilité, je l’admire. C’est ma petite sœur en matière maritime, et pas mal d’autres gens doivent pouvoir dire la même chose. Elle exprime très bien ce que nous essayons de dire très maladroitement par le texte, elle l’exprime très bien par son art dont elle parle peu, elle le crée. C’est sa façon de vivre la mer.

Le fait qu’elle ait navigué, et sur un bateau traditionnel en plus, a de la valeur, cela veut dire qu’elle évite toutes les chausses-trappes et les pièges qui existent dans ce genre de réalisation. La peinture marine, qu’elle soit faite par Paul-Emile Pajot ou par un peintre académique, doit être parfaite sur le plan marin.

Ce n’est pas indifférent, mais néanmoins, c’est infiniment moins important que cette vie intérieure très riche qu’il y a en elle, qu’elle exprime peu par les mots, mais qu’elle mène dans son atelier, quand elle réalise en trois dimensions ces visions qu’elle a, visions poétiques et ethnographiques, pourrait-on dire.

Et moi, j’admire beaucoup la sensibilité et la finesse avec lesquelles elle y parvient. »